Rencontre avec Benjamin Celle, un artisan coutelier passionné

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Installé dans le sud de la Corse, à Sainte Lucie de Porto-Vecchio, Benjamin Celle fabrique des couteaux corses d’exception, des pièces uniques issues d’un savoir-faire insulaire ancestral.

Cet artisan coutelier forgeron, passionné de coutellerie et de traditions corses, a accepté de nous parler de son métier. Bienvenue dans un monde où chaque création, entièrement réalisée à la main, est une œuvre d’art…

Bonjour. Tout d’abord, merci de nous consacrer un peu de temps pour nous présenter votre activité.

Quel est votre parcours ? Comment en êtes-vous venu à la coutellerie ?

Je suis venu à la coutellerie sur le tard, après avoir expérimenté de nombreux métiers très différents (sapeur-pompier, castanéiculteur, apiculteur, pêcheur, gérant de commerces…).

En 2014, j’ai sympathisé avec Franck Thomas, patron de la coutellerie du Lotus à Levie, l’une des coutelleries les plus renommées de Corse. Un jour, il m’a proposé de m’embaucher au Lotus pour leur donner un coup de main. Je n’avais à ce moment-là aucune idée de la façon dont on fabrique un couteau ! J’ai commencé par presser les cornes, puis peu à peu j’ai fabriqué des couteaux de A à Z.

On peut dire que vous avez attrapé le « virus » de la coutellerie ?

Oui c’est tout à fait ça ! J’ai « attrapé le virus » et j’ai décidé de me former pour continuer dans cette voie. Je suis allé faire un stage de forge sur le continent, puis j’ai travaillé au Lotus en tant que coutelier à part entière pendant 2 ans et demi.

Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer votre propre activité ?

J’ai souhaité revenir au village pour me rapprocher de mon fils. J’ai beaucoup démarché pour trouver un local où installer mon activité. Malheureusement je n’ai pas trouvé d’atelier qui m’aurait permis de réaliser mes rêves…. A l’heure actuelle, je vends mes couteaux principalement via les salons et le réseau social Facebook.

Vous êtes très actif au sein du Syndicat des couteliers corses. De quoi s’agit-il ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai été agriculteur dans une vie antérieure. Je me suis toujours inscrit dans les démarches qualité (Bio, AOC…), étant un fervent défenseur des savoir-faire. C’est donc tout naturellement que je me suis impliqué dans le Syndicat des couteliers corses, afin d’offrir une lisibilité à la clientèle et une garantie de qualité. Dans cette optique, nous avons créé une charte de qualité du couteau corse et un label qui certifie non seulement le mode de production artisanal mais aussi la qualité de fabrication. Cette labellisation est reconnaissable grâce à des poinçons spécifiques apposés sur la lame du couteau, comme la tête de mouflon par exemple qui atteste du mode artisanal et de la qualité du travail du coutelier.

Les poinçons:

Flyer Label couteau corse 1 Les poinçons

A quoi sert la labellisation plus précisément ?

A offrir une garantie aux acheteurs. Il y a encore trop d’imitations fabriquées ailleurs ou de moindre qualité. Beaucoup de clients ne font pas la différence et peuvent se retrouver à acheter des couteaux soit disant faits main, de bien moindre qualité !

Revenons au cœur de votre métier. Combien de temps faut-il pour fabriquer un couteau ?

Il faut entre douze et quinze heures pour le couteau traditionnel du berger, le fameux curnichjolu. Et beaucoup plus en fonction de la complexité du couteau.

Quelles sont les étapes de fabrication d’un couteau ?

On part d’une matière très brute : un barreau d’acier brut et une corne, que l’on transforme par le feu et la frappe. ça parait simple, mais c’est très compliqué : travail de la corne, forge de la lame, traitements thermiques sur l’acier, assemblage, polissage…. Faire un couteau, c’est une longue succession d’étapes critiques. Si on en loupe une, tout est à recommencer !

C’est ce qui justifie le prix des couteaux d’artisan ?

Oui, entre autres. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il faut au minimum 12 à 15 heures pour fabriquer un couteau. Pour un couteau à 200€, si vous calculez le prix à l’heure, ce n’est pas énorme…. Surtout pour un objet fait main, donc unique, réalisé avec des matières premières de qualité !

Pouvez-vous nous parler du fameux curnichjolu ?

Le curnichjolu est le couteau traditionnel du berger corse.  Au départ, c’est l’outil de tous les jours du berger qui s’en servait comme outil à tout faire. Il se doit donc d’être très résistant…

Je produis surtout des curnichjolu, car ce couteau corse typique est très demandé. Mes couteaux sont garantis à vie, ils peuvent être transmis de génération en génération, ils sont inusables !

Avez-vous été influencé par un coutelier particulier ?

Il y a quelques années, je suis tombé en adoration devant le travail de Jacques Guidicelli, coutelier renommé à Bastia. Nous avons sympathisé et il m’a formé sur le travail de l’acier et la recherche esthétique. Mes couteaux sont largement inspirés du travail de Jacques, avec sa bénédiction.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?  

A l’heure actuelle, ma production est limitée car je n’ai pas les moyens de m’équiper correctement pour produire ce que je veux. Je suis toujours à la recherche d’un atelier digne de ce nom avec un point de vente sécurisé pour mettre en œuvre mon projet autour de trois axes :

  • La production et la vente de couteaux
  • Une partie pédagogique (notamment auprès des scolaires)
  • Une partie artistique axée sur le travail du bois, du fer forgé….

Enfin, en quelques mots, qu’est-ce vous anime ?

Mon moteur, c’est voir les gens s’émerveiller. C’est pour cela que j’apporte autant de soin à l’esthétique de mes couteaux.

Un grand merci à Benjamin de nous avoir fait partager sa passion.

Entretien réalisé en avril 2018

Pour tout renseignement :

Benjamin Celle , Pireddi
20144 SAINTE LUCIE DE PORTO VECCHIO

Téléphone: 07 86 63 83 84

Email :   b.celle@hotmail.fr

Facebook : Benjamin Celle artisan coutelier

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