Découverte d’un producteur Bio par conviction: sublimer les produits du terroir

Les citrons Bio du domaine Au Jardin de la testa, à Sainte Lucie de Porto-Vecchio en Corse du Sud

Respect de l’environnement, préservation des ressources naturelles… des termes à la mode ! Juste après la saison des clémentines corses, nous avons voulu voir cela de plus près.
Nous nous rendons à La Testa, hameau de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, ou nous avons Rendez-vous avec Jean-Jacques Laurent, arboriculteur et maraîcher Bio.
L’exploitation agricole de Jean-Jacques Laurent est un domaine à taille humaine (21 ha) où respect de l’environnement et préservation des ressources naturelles sont de mise. Créé par ses parents il y a 46 ans, le domaine est passé en agriculture Biologique en 2003, par conviction et pour donner le meilleur au consommateur. Il offre un grand choix de produits BIO de qualité : fruits et légumes, confitures, sorbets et jus de fruits … le meilleur de la nature !

 

L’interview de Jean-Jacques Laurent arboriculteur et maraîcher BIO à Sainte-Lucie de Porto-Vecchio
Bonjour Jean-Jacques. Tout d’abord, merci de nous consacrer un peu de temps pour nous présenter votre activité.

Pouvez-vous nous présenter votre structure ?
Le Domaine est composé de 7,5 ha d’agrumes (clémentines, pomelos, orange, citron), 10 ha de pêches-nectarines, 2,5 ha de maraîchage et 1 ha de fruitiers diversifiés (pommiers, cerisiers, poiriers, abricotiers, pruniers, figuiers, raisin de table, et légumes de saison en saison estivale).

Qui sont vos principaux clients ?
Nous vendons pour 40% en vente directe (au domaine en saison et via l’AMAP) et 60% en grande surface. A moyen terme, l’objectif est de restructurer le verger afin d’inverser la tendance.

Comment fonctionne l’AMAP ?
L’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), est un partenariat entre un groupe de consommateurs et un producteur, basé sur un système de distribution de « paniers » composés des produits issus de l’exploitation. Nous fonctionnons sur un panier « fruits » 10 mois dans l’année, et un panier « fruits et légumes » sur les mois de Juillet et Août.

Pourquoi avez-vous décidé de pratiquer l’Agriculture Biologique ?
Mes parents étaient déjà sur un fonctionnement très raisonné sur les arbres fruitiers, et même Bio (sans être certifiés) sur le maraîchage.
Pour moi, le passage au Bio s’est fait naturellement par l’observation de ce qui se passait dans le verger et par la conclusion qu’il était nécessaire de retrouver un équilibre dans le verger (équilibre qui n’y était plus).
Enfin, j’ai la conviction qu’on doit pouvoir offrir au consommateur un produit sain, sans pesticides et sans produits chimiques, qui peut être mangé avec sa peau sans être forcément lavé.

Quelles sont les contraintes principales liées à la culture Biologique ?
On a aujourd’hui les moyens de lutter quasiment contre tout ce qui est ravageur grâce par exemple aux pièges à mouches, ou aux auxiliaires (insectes qui sont introduits dans un verger pour lutter contre les insectes ravageurs).
Aujourd’hui, la principale contrainte supplémentaire liée à la culture biologique est la lutte contre les adventices (herbes), la seule possibilité non chimique étant le désherbage mécanique et manuel. De même, il n’y a pas de moyens de lutte contre la cloque (champignon) en culture bio.

Pensez-vous qu’une prise de conscience est en train de se faire par rapport au Biologique?
Oui, mais lentement. Les médias y ont largement contribué en médiatisant les problèmes liés au poulet, à la vache folle. Les gens ont été alertés, ils essaient aujourd’hui de s’alimenter plus sainement, moins peut-être, mais mieux !

Pourquoi la culture Biologique coûte t’elle plus cher?
Il y a une légère perte de production quand on passe en bio sur les fruitiers. En effet, l’arbre a plus de facilité à assimiler un engrais chimique qu’un engrais organique, et on observe dans ce cas une diminution de la production de l’ordre de 10% à 30% selon les cultures!
Mais à y regarder de plus près, le Bio n’est pas tant plus cher que ça grâce à la vente directe qui écarte tous les intermédiaires. J’essaie d’établir le juste prix chaque année en fonction du coût de la production.

Qu’est ce qui permet de vous différencier d’un autre agriculteur Bio ?
Notre support de culture, c’est la terre. Il y a la plante, et il y a l’agriculteur qui est là pour l’ aider à se développer comme on aide un enfant à grandir. Si mes produits sont goûteux, c’est surtout parce qu’ils sont issus de notre terroir. A propos du vin vous entendrez souvent parler de terroir puisque un même cépage sur des terrains différents donne un vin totalement différent. Mes arbres fruitiers et mes légumes se nourrissent de tous les éléments qu’ils trouvent dans notre sol et surtout des oligoéléments. La composition s’avère vraiment très différentes d’un sol à un autre. C’est ce qui procure l’identité gustative d’un fruit ou d’un légume.

Avez-vous des projets pour les années à venir ?
Continuer de prospecter pour pouvoir accroître la vente directe et m’adresser directement au consommateur. Ce rapprochement est de plus en plus nécessaire sur un plan économique et relationnel. C’est ce qui nous permet d’expliquer notre métier, parfois d’éduquer le consommateur et souvent l’aider dans ses choix.

 Entretien réalisé en 2014.

Pour tout renseignement : 06 20 38 11 27
http://www.aujardindelatesta.fr
earldecirione@wanadoo.fr

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